Dividendes du CAC 40 : retour aux sommets d’avant crise

11 février 2015

Paru sur Boursorama.com

 

Les dividendes versés par les entreprises du CAC 40 en 2014 ont été proches du record de 2007. Ceux de 2015 devraient « être du même niveau ».

 

Les dividendes et rachat d’actions versés par les groupes du CAC 40 ont augmenté de 30% en 2014. Selon une étude de la lettre spécialisée Vernimmen.net, les sommes versées par les entreprises du CAC 40 – sous forme de dividendes et de rachats d’actions – ont grimpé de 30% l’an dernier à 56 milliards d’euros. Ce total égale presque le record atteint en 2007. « 2015 devrait être sur le même niveau que 2014 », estime Frédéric Rozier, conseiller de gestion chez Meeschaert Gestion Privée. Pour Olivier de Berranger, gérant chez Financière de L’Echiquier, « après une période délicate post-crise financière, on retrouve le rythme habituel du retour aux actionnaires sur le CAC 40, comme sur les autres indices boursiers mondiaux ». Pour les analystes, ces chiffres sont le signe d’une bonne santé des groupes français qui fidélisent leurs actionnaires dans un environnement économique fragile mais un contexte plutôt favorable. Pour commencer, la plupart des groupes « ne sont pas dans un cycle d’investissement important compte tenu des doutes sur l’avenir », ce qui leur permet de dégager du « cash », rappelle Frédéric Rozier. Sans compter que, « les entreprises sont de plus en plus saines et ont des marges de manoeuvre pour améliorer leur rentabilité, fruit du travail énorme réalisé depuis trois ou quatre ans « . Il reste que « la grande masse des dividendes est versée par un nombre restreint de groupes », plutôt en bonne santé, prévient Isabelle Enos, directeur adjoint de la gestion chez B*Capital (groupe BNP Paribas). En 2014, Total, Sanofi, GDF Suez, EDF, Orange et BNP Paribas, ont représenté à eux 6 presque 50% des dividendes. L’assainissement des bilans tient également au fait que les entreprises profitent de taux d’intérêt extrêmement bas pour emprunter sur les marchés, reflet des politiques très généreuses des banques centrales. Ces conditions ont même pu aboutir à des opérations inédites comme celle du géant américaine Apple qui n’a pas hésité en 2014 à s’endetter plutôt que d’utiliser son abondante trésorerie pour verser un dividende. Le groupe pétrolier Total, chahuté par la baisse des cours du brut, va tout à la fois fortement tailler dans ses investissements dans l’exploration et maintenir son dividende au niveau de l’an dernier. De son côté, BNP Paribas a décidé de le conserver au même niveau, malgré l’énorme amende concédée aux États-Unis qui a plombé son résultat. De manière générale, pour un investisseur, le dividende est une source de revenus relativement assuré, puisque rapporté au cours de l’action il peut se traduire par une rémunération de 3 ou 4% par an, voire davantage. C’est bien plus intéressant que les taux d’intérêt des obligations des grands groupes, qui sont mêmes passés pour certains en négatifs, devenant donc désavantageux pour les investisseurs. Ces derniers privilégient en outre souvent les entreprises qui versent un dividende régulièrement, quitte à ce qu’il ne soit pas trop élevé, afin de préserver l’investissement ou renforcer les fonds propres. « Nous nous tenons plutôt à l’écart des sociétés qui versent trop de dividende au détriment des investissements futurs puisque cela peut ne pas être soutenable », explique Olivier de Berranger. « Ce qui est sain c’est que les groupes versent une partie des résultats en dividendes et en gardent une autre pour l’investissement », renchérit Isabelle Enos. Malgré tout, ces montants versés par les entreprises frappent souvent les esprits et sont régulièrement pointés du doigt, au moment où le gouvernement a pris des mesures importantes en leur faveur avec le CICE puis le pacte de responsabilité. Il faut néanmoins noter que l’État est l’un des grands gagnants en cas de niveau élevé de dividendes. L’État actionnaire, qui détient des parts dans de nombreux poids lourds du CAC 40 comme EDF, GDF Suez, Airbus, Renault ou Orange, a ainsi reçu à ce titre 4,4 milliards d’euros en 2014, une somme qui vient alimenter le budget de la France.